Homélie du 02 Novembre 2025 – Fidèles défunts

Nov 9, 2025 | doyenné haut-gresivaudan

Réf textes : Jb 19, 1. 23-27a, Ps 26 1, 4, 7-9ab, 13-14, Rm 8, 31b-35.37 39, Evangile : Jn 6, 37-40

Chacun sait que cela va arriver un jour, une nuit (« Nul ne sait ni le jour ni l’heure » Mt 24, 36) mais, quand la mort est là, c’est le désarroi, la colère. Ce sont les larmes, les yeux baissés. C’est ainsi, la flamme s’est éteinte. Nous, la famille, les amis sommes dans le noir.

Heureusement, quand le moment est propice, Jésus s’approche, tend la main et, d’un geste délicat, touche le menton de celui qui souffre pour qu’il relève la tête. Il le regarde alors droit dans les yeux avec une infinie tendresse et lui dit: « je le ressusciterai ».

C’est, peut-être, aujourd’hui, 2 novembre, le bon moment pour écouter le fils de Dieu à travers sa bonne nouvelle. Personne n’est indifférent face à la disparition d’un être cher.

Relisons ce verset de l’Evangile: « Telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé: que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour ». Puisse cette Parole atteindre notre intelligence et entrer dans notre cœur, nourrir notre foi et notre espérance.

En célébrant l’Eucharistie, nous rendons grâce à Dieu qui s’est fait homme en Jésus-Christ: s’il est pleinement Dieu, il a vécu aussi nos joies et nos souffrances jusqu’à la croix et la résurrection.
Notre foi repose sur cette conviction: « Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus ressuscitera aussi notre corps avec lui. » (2 Cor 4. 14), sinon notre foi serait vaine, comme nous le dit St Paul dans une autre lettre.

En outre, lors de notre baptême, nous avons été greffés au Christ et, avec lui, nous sommes plongés dans la mort pour ressortir éblouissants de vie.

Nous sommes peut-être apaisés parce que nous avons reçu ce sacrement et que nous fréquentons l’Eglise régulièrement.

Mais les autres? Les mal-croyants, les disciples d’autres religions? Telle personne n’était peut-être pas une sainte personne ? Untel était rempli de péchés? Un autre, un voleur comme on n’en fait plus?

Tout d’abord, le texte est clair: « Celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors ».

Et si nous nous mettons à l’écoute de saint Augustin, par exemple, il dit: « Personne ne sera perdu, sinon celui qui refuse d’être trouvé. » (Traité sur l’Evangile de Jean, 27,3)

Dans son Homélie sur l’Evangile de Jean, saint Jean Chrysostome insiste: « Le Père attire, mais l’homme doit consentir à venir. »

Comme dans la parabole du fils prodigue, le Père est là, qui attend, les bras grands ouverts afin de serrer son enfant contre son cœur quand il reviendra et le faire entrer dans sa maison.

La porte est ouverte pour tous ceux qui, librement, se mettront en route pour aller vers le Créateur qui laisse toujours une place à sa table pour les vagabonds de la vie qui viennent vers Lui.

Sœur Emmanuelle, quelque temps avant sa mort disait : « Je n’ai pas peur de mourir, mourir devrait être le plus beau jour de ma vie » et elle ajoutait : « Quelle joie de marcher vers cette ultime rencontre »

Pour dire et croire cela, il faut avoir la foi et beaucoup d’Espérance. Sœur Emmanuelle, même si elle a eu ses périodes de doute et de découragement, qu’elle ne cachait pas, était convaincue de cette grande vérité.

Elle a emprunté et suivi avec courage et fidélité le chemin du Christ. Elle disait aussi avec beaucoup d’humilité et de sagesse : « J’aurais pu mieux faire, j’aurais dû mieux faire. Mais j’ai fait ce que mon cœur et mon Dieu me dictaient » et elle ajoutait : « L’amour est plus fort que tout, plus fort que la mort ».

Ainsi, une petite lumière brille dans nos ténèbres. Nous pouvons marcher avec l’âme en paix.

Nous nous souvenons de ceux qui sont « partis » et nous voudrions tant qu’ils soient bien dans la vie là-bas. C’est normal. En pensant à eux cela nous fera du bien de regarder les cimetières et de regarder vers le haut.

Et de répéter, comme Job: « Je sais, moi, que mon Défenseur est vivant, celui que mes yeux regarderont ne sera pas un étranger ». C’est la force que nous donne l’Espérance, ce don gratuit de Dieu qu’est la vertu de l’Espérance. Que le Seigneur nous la donne à tous.

Alors commençons à relever la tête, à sécher nos larmes si nous le pouvons, pour remplir notre cœur de cette promesse d’un bonheur indicible.

Seigneur Jésus Christ, nous nous tournons vers toi. Tu as connu notre vie sur la terre et notre mort. Mais Dieu t’a ressuscité, il te fait vivre de sa vie. Tu nous appelles à lui faire confiance. Donne à chers défunts de reposer en paix, jusqu’au jour de la résurrection finale. Toi le vivant pour les siècles des siècles. (Rituel des funérailles)

Pascal Thomas
Diacre permanent