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Entre l'Ascension et la Pentecôte, ce dimanche est un dimanche de méditation et de recueillement en union avec le groupe des disciples de Jésus revenus au Cénacle. Ils se laissent habiter par une absence qu'ils sentent féconde, remplie de fruits qu'ils n'ont pas encore découverts, une absence qui ouvre sur une présence.
C'est pourquoi, comme nous le rapportent les Actes des Apôtres dans la première lecture, ils se recueillent en communauté de foi en Celui qu'ils ont fréquenté, avec qui ils ont mangé et bu et qui les a quittés lors de l'Ascension que nous venons de célébrer.

Les textes de la messe d’aujourd’hui veulent nous aider à entrer dans ce temps de recueillement avant la fête de la Pentecôte.

La deuxième lecture tirée de la première lettre attribuée à l’apôtre Pierre invite à entrer dans la participation vécue et intime au mystère de la Passion du Christ. « Dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ… » nous dit Pierre.

Cette invitation n’est pas surprenante car les premiers chrétiens auxquels s’adresse la lettre de saint Pierre connaissent le rejet de leurs frères et sœurs juifs comme Jésus l’a connu. Ils sont porteurs d’un message surprenant qui contredit toutes les aspirations du peuple élu et qui est un scandale pour les païens. Ils sont insultés, malmenés  à cause du nom du Christ. Ils souffrent, non pour des crimes réels,  vols, meurtres,  etc., mais parce qu’ils sont identifiés comme « chrétiens ».

Que doivent-ils faire alors, si ce n’est de regarder vers leur Maître qui est venu comme un agneau souffrant pour le péché du monde et mourant dans la souffrance sur une croix. La croix, qui devient ainsi le symbole de ce nouveau peuple de Dieu que sont les disciples de Jésus, les « chrétiens ».

Ce contexte réel et concret de l’action de Dieu pour son peuple ne conduit pas à la mort. Il est, au contraire, signe de vie. La croix est signe de vie.  Jésus est ressuscité et son Père le glorifie pour son obéissance  fidèle et pour le don de sa vie. Ses disciples, les « chrétiens », témoignent d’une gloire à venir, c’est-à-dire d’une manifestation divine, d’une glorification dont ils ont reçu les « prémices » dans la résurrection de Jésus et dans leur baptême qui les unit à lui dans le passage de la mort à la vie. C’est pourquoi, ils peuvent se réjouir et être dans l’allégresse. Ils ne sont pas écrasés par le péché. Jésus l’a vaincu. Il a triomphé du mal et le Père l’a accueilli auprès de lui pour l’éternité. Il l’a glorifié.

 Cette glorification de Jésus est décrite dans l’évangile de saint Jean qui situe ces réflexions avant la mort de Jésus, comme une longue prière. Elles gardent pour nous toute leur actualité car elles décrivent une absence qui est loin d’être synonyme de vide et de noirceur. L’absence physique va ouvrir la porte à ce que Jésus décrit comme sa « gloire ».  Et saint Jean décrit la « gloire du Fils » non pas comme un cadeau personnel ou une récompense pour une performance, sportive ou autre, mais comme une mission qui tourne vers les autres. Le Fils a tout reçu du Père. Il conduira à la vie éternelle à tous ceux et celles qui l’accueilleront, les faisant entrer dans la connaissance personnelle de Dieu.

La mission du Fils s’inscrit dans la vie des disciples de Jésus. Ils sont remplis de Lui et ils en témoignent dans leur vie. Sans être retirés du monde, ils témoignent d’une vie autre, d’un monde autre, que Jésus ailleurs appelle le Royaume de Dieu. Sans en avoir peut-être pleine conscience, nous le demandons à chaque fois que nos récitons le Notre Père lorsque nous disons « Que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite ».

Et nous aujourd’hui, que sommes-nous invités à faire ? Dans l’attente du mystère de la Pentecôte que nous célèbrerons dimanche prochain, restons, nous aussi, au Cénacle pour approfondir tout ce qui nous a été présenté dans les dimanches du carême et les dimanches de Pâques. Ce mystère du Christ mort et ressuscité. Mettons-nous à l’écoute de l’Esprit qui est en nous. Ouvrons la Parole de Dieu pour nous en nourrir. Regardons autour de nous pour voir comment faire vivre et témoigner de notre foi en Celui qui nous propose de le suivre pour être glorifiés, le Christ mort et ressuscité. Les opportunités  ne manquent pas… sachons les voir…Ce temps de confinement dont nous sortons peu à peu nous a peut-être conduits à regarder différemment notre monde, à trouver des façons différentes d’être disciples. Continuons à renouveler notre foi…et bientôt nous pourrons de nouveau nous approcher avec confiance de celui qui s’est fait notre nourriture dans son Corps et son Sang. Bientôt nous pourrons manifester notre union avec Lui en communiant à la messe. Que cette perspective nous encourage à rester fidèles dans la prière, comme les apôtres et Marie  au cénacle. La prière a construit la première communauté…Qu’elle continue de construire notre communauté !