adorationVoici l'homélie proposée pour ce 5ème dim. de Pâques : pdfhomélie 5ème dim. Pâques

Et voici une prière universelle proposée par le doyenné :  pdfPU 5ème dim. de Pâques

L’Evangile de ce dimanche nous ramène au soir du Jeudi saint. L’auteur de l’Evangile, Jean, place une grande conversation de Jésus avec ses disciples, juste après le dernier repas pris avec eux. Thomas et Philippe, comme les autres certainement, sont attentifs et leur question ou leur demande montre qu’ils ont besoin d’éclaircissements. Ils ne sont pas au clair avec ce que Jésus leur dit. Thomas, un peu terre à terre, a besoin de précisions concrètes. Philippe  entend, mais a du mal à comprendre vraiment ce que Jésus a dit.

 

 

Thomas reçoit une réponse qui nous concerne toutes et tous. À sa question «  Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi ». Cette question de Thomas résonne avec des demandes que nous pouvons entendre : Donnez-nous des consignes et nous les suivrons. Dites-nous où, quand, comment et avec qui agir, que nous soyons dégagés d’avoir à nous prendre la tête en nous risquant à inventer nos chemins ! Non, Thomas ! Non, Monsieur, non, Madame,  l’Évangile ne nous dit pas comment agir dans toutes les situations concrètes de l’ordinaire de nos jours. Combien de personnes pensent que l’Eglise doit dire ceci est permis, ceci est défendu, quitte à rejeter ensuite la réponse…Mais entendre : « ça dépend ! » n’est pas pour beaucoup une réponse recevable.  On ne peut enfermer Dieu en un catalogue de normes et de consignes à appliquer. La vie est plus aventurée que cela ! Il nous est demandé d’accepter de suivre quelqu’un, de risquer vos pas à sa suite sans trop savoir jusqu’où il peut nous mener. Notre foi consiste à connaître Jésus, à accueillir les balises qu’il nous donne par ses paroles et ses façons d’être, d’agir et à les prendre en considération pour inventer votre chemin et, en plus, le faire au sein d’une communauté de croyants.

En réponse à la question de Philippe : « Montre-nous le Père », Jésus répond avec ce qu’on peut prendre pour une pointe d’ironie : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas! » Sa réponse revient à dire à Philippe : « j’ai répondu à cette question plusieurs fois et toi, en ces moments-là, tu n’écoutais pas ce que je disais, tu étais dans ton monde. Et maintenant tu réveilles et tu veux en savoir plus ».

Ce que Jésus dit en reprenant la question de Philippe nous montre la profondeur de son intimité avec Dieu. Jésus révèle ici que sa vie ne lui appartient pas et qu’il est dans quelque chose qui le dépasse. Son humanité est bien réelle. Ses disciples le savent. Ils l’ont vu pleurer sur son ami Lazare, mais il révèle que ce qui le fait vivre pleinement c’est son union avec le Père. « Je suis dans le Père et le Père est en moi ».

Cette union est bien mystérieuse, mais Jésus, lorsqu’il en parle, nous invite à la vivre nous aussi. Il ne se voit pas comme « à part ». Il se voit comme le Premier-né entraînant avec lui ses frères et sœurs qui deviennent avec lui héritiers de la grâce divine. « Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ » affirme en écho l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains. Pour Jésus, parler de sa relation au Père, ce n’est pas seulement révéler une intimité unique avec Dieu, c’est aussi indiquer que celle-ci lui permet d'entraîner les autres dans l’intimité de Dieu. C’est ce qu’il annonçait à Thomas: « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Cela nous redit une fois de plus que la foi n’est ni une philosophie, ni un système de valeurs, ni une morale, mais la confiance mise en quelqu’un : Jésus-Christ, vrai homme mais aussi vrai Dieu.

Les premiers chrétiens ont reçu ce message avec foi. Et l’auteur de la Première lettre de Pierre le proclame lorsqu’il écrit : «Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ». Par l’action du Christ, la communauté des croyants est rassemblée et elle entre dans cette intimité que Jésus a vécue avec Dieu.

Mais, cette union à Dieu ne les sépare pas du monde et des réalités de la vie terrestre. Au contraire, elle les y insère de façon quotidienne et ouvre leurs yeux sur les besoins de leurs frères et sœurs. C'est ce qui est arrivé aux sept personnes dont parle la première lecture choisies pour distribuer l’aide dans la première communauté chrétienne. On a même leurs noms, car la communauté chrétienne n’est pas un groupe de personnes anonymes, elle est le rassemblement de personnes concrètes qui, à la suite de Jésus, vivent leur union avec Dieu dans le quotidien et dans les réalités de la vie, des personnes qui ont leur histoire, leur soucis, leurs peines et leurs joies. Les sept dont on a les noms : Étienne, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas représentent tous les futurs disciples de Jésus appelés à servir leurs frères et soeurs dans leur état de vie et dans leurs occupations. En effet, on ne peut pas parler de l’union des disciples avec le Père sans y mettre l’union avec les frères et sœurs qui sont à coté de nous. Comme le dit saint Jean dans une de ses lettres « Si quelqu’un dit : " J’aime Dieu "», alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur ».

Le message fondamental de Jésus est toujours « Aimez-vous les uns les autres ». Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous redit que pour le vivre il est nécessaire de puiser dans le contact et l’union avec Dieu. Et pour nous y conduire, Jésus nous invite à le suivre sur le chemin de la vérité et de la vie.