Homélie à retrouver ici : pdfHomelie_2ème_Paques_A_2020.pdf

Nous voilà dans le temps de Pâques…50 jours pour mieux entrer dans le mystère fondamental de la foi chrétienne. En effet, comme le dit saint Paul dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe : « si le Christ n'est pas ressuscité, ma foi est vaine ». Elle n'a pas de sens.

 

Au cours de ces 50 jours, replongés dans les eaux de notre baptême, nous sommes invités à revivre les découvertes des Apôtres et des disciples après la Pentecôte, à relire les Écritures avec une lumière nouvelle et du coup nous allons comprendre que Celui dont parlaient les Écritures depuis Abraham en passant par Moïse et les prophètes (ce qu’on appelle l’Ancien Testament), c'est Jésus.
Comme le proclame saint Pierre aux gens réunis autour de lui et des apôtres le jour de la Pentecôte « ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ » (Actes 2, 37). Oui! Dans son abaissement sur la croix, Jésus a porté toutes les fragilités et les péchés du monde. Il a été relevé par Dieu qui l'a exalté et nous l'a donné comme « premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » (I Corinthiens 15, 20).
Comme baptisés, nous le suivons dans sa mort et sa résurrection. « Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur » (Rm 14, 8). Ce serait bien de relire la lecture de la lettre de Paul aux Romains proposée lors de la Vigile pascale (Rm 6, 3-11) et qui nous dit : « si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons nous aussi avec lui »
Les trois lectures proposées par la liturgie de l’Eglise sont là pour nous aider à entrer dans le Mystère de la Résurrection de Jésus.
La première nous indique que c'est en communauté que nous faisons une véritable rencontre du Christ ressuscité. On nous présente une communauté unie dans la même foi : « Les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; se tenant dans le Temple et attirant de plus en plus de personnes qui adhèrent au Seigneur par la foi ». Le témoignage que nous avons à rendre encore aujourd'hui est le même. C'est celui d'une foi vécue en communauté, une foi qui invite à reconnaître Jésus comme Seigneur et Sauveur. Cela dit l’importance de la communauté comme témoignage de la foi. Et c’est bien parce que les chrétiens font communauté qu’ils ont construit des églises pour se rassembler.
La seconde lecture tirée de la Première Lettre attribuée à saint Pierre invite les personnes croyantes à exprimer sans peur leur foi dans ce qu’ils ont reçu de Jésus. Ce que nous avons reçu, c’est un héritage de vie éternelle que les soucis et le temps ne peuvent supprimer. Comme dit saint Pierre, c'est « un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure… Aussi vous exultez de joie ». Nous sommes les héritiers et les héritières d'une Bonne Nouvelle. Si nous sommes chrétiens, notre vie, notre façon d’être ne peut que dire la joie qui nous habite. C'est le plus beau témoignage que nous pouvons donner, un témoignage à la portée de chacun d’entre nous. Pas besoin d’avoir fait des études de théologie !
Enfin en troisième lieu, l'évangile nous présente deux visites de Jésus Ressuscité qui sont des rencontres inoubliables pour les disciples. L'une au soir de Pâques sans la présence de Thomas et l'autre une semaine plus tard. Thomas en apprenant que les autres apôtres avait rencontré le Ressuscité ne voulait pas croire ce qu'on lui racontait. Et une semaine plus tard nous le retrouvons à genoux devant le Ressuscité lui disant « Mon Seigneur et mon Dieu ». Les hésitations et les doutes de Thomas nous parlent. Nous cherchons des preuves de la résurrection. Mais nous n'en aurons jamais. C'est une affaire de foi, une foi qui s'appuie sur le témoignage de personnes qui ont fait une rencontre avec le crucifié Ressuscité ; une rencontre qui a rempli leur cœur d'une présence extraordinaire. C'est ce qu'ont vécu les apôtres, Marie-Madeleine, les disciples d'Emmaüs. Nous sommes invités à accueillir leur témoignage, à leur faire confiance : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».
Comme il l’a fait pour les apôtres puis pour Thomas, le Seigneur ressuscité nous rejoint dans nos enfermements, dans nos confinements. Pour lui, toutes les barrières qui nous enferment, ça ne compte pas. Il est toujours là, et il ne demande qu’à nous rejoindre au cœur de nos vies et de nos déroutes. Il reste Emmanuel, « Dieu avec nous ». Et nous sommes invités à la confiance.
Ce 2ème dimanche de Pâques est le dimanche de la divine Miséricorde qui nous invite à la confiance. « Jésus, j’ai confiance en toi » est la phrase qui accompagne l’image du Christ miséricordieux de Sainte Faustine. Les formes de dévotions peuvent être différentes pour chacun d’entre nous. Mais ne perdons pas le cœur du message : la foi est une confiance mise en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous. Ne l’oublions pas !

Que la célébration eucharistique de ce dimanche vécue soit seul, soit en famille, via internet ou grâce à la télévision, nous garde dans la joie de Pâques et dans la confiance dans le Père qui a ressuscité Jésus pour en faire le Seigneur et le Sauveur de l’humanité !