Emmaus Arcabas

Le samedi 30 mars 2019, nous étions une petite dizaine de personnes du doyenné du Haut Grésivaudan à participer à Myans à la journée de formation :

« Du chemin d’Emmaüs à l’Eucharistie. La liturgie comme chemin de conversion ».

L’intervenant était le père Bruno MARY, recteur de la cathédrale de Lille et ancien directeur du Service national de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle.

  • Monique, qu’est-ce qui t’a le plus interpelée durant cette journée ?

 

J’ai d’abord pris conscience de la cohérence de ce que l’Eglise nous propose : nos temps de célébration ont un rythme logique, l’année liturgique a un rythme cohérent qui nous permet d’avancer plus facilement.
Quand j’ai entendu le père Bruno Mary nous dire que les lectures sont des textes qu’on ne choisit pas, j’ai pris conscience que, comme elles nous étaient offertes « non choisies », je devais faire l’effort de voir comment elles rebondissaient tout au long de la semaine. Et finalement, je reconnais que c’est top ! Pas une semaine où une phrase ou une situation n’a pas fait écho à ce que j’avais entendu le dimanche ! J’en conclus que cette Parole est vraiment vivante !

  • Et pour toi, Anne ?

J’ai mesuré l’importance de se reconnaître pécheur pour accueillir vraiment la Parole. Une image donnée par le père Bruno me revient à chaque messe : si je suis comme une paroi lisse, la Parole n’aura pas de prise sur moi ; alors qu’en reconnaissant mes aspérités, je pourrai mieux accueillir la Parole.
J’ai aussi pris conscience de l’importance, pour les équipes liturgiques, les musiciens et les sacristains, d’anticiper l’organisation de la messe, pour que chacun, y compris le prêtre, puisse entrer sereinement dans la célébration.

  • Sylvie, qu’as-tu envie d’ajouter ?

Je retiens deux phrases :
« le silence, c’est l’écrin de la Parole, il permet de respirer ». Comme il est nécessaire ce silence avant la messe, après la Parole, après la communion… !
« la communion de l’Eglise, c’est l’art d’articuler nos différences ». Nous sommes tous différents, avec des histoires différentes, des cheminements différents. Et nous sommes invités à faire Corps tous ensemble en Christ. Nos différences sont souvent ressenties comme un frein alors qu’en réalité, c’est une véritable richesse ! Nous devons tenir ensemble à la fois l’Unité du Corps que nous formons, et la liberté de chacun de nous de s’exprimer en fonction de son histoire, de son éducation, de sa spiritualité.

  • Monique, que veux-tu rajouter ?

Ceci me fait penser à ce que nous disions au sujet des catéchumènes : ils nous donnent de nous remettre en chemin avec leurs questions, leur avidité à connaître Jésus…. Nous devons nous laisser bousculer et déranger par eux ! Notre cheminement, c’est toute la vie qu’il dure : on s’arrête, on tombe, on se relève, on repart…. Tous, nous avançons ensemble !

  • Sylvie, veux-tu conclure ?

Nous avons pu expérimenter, durant cette journée de formation, un temps de mystagogie : la relecture de notre célébration eucharistique centrée sur la phrase « Le Seigneur soit avec vous ». Cet exercice nous a permis de mesurer l’importance de ce « retour » sur ce que nous vivons durant la messe : Prendre un temps pour me demander quelle phrase, quel geste ou quel moment m’a marqué particulièrement durant la messe ? Etais-je dissipé, ému, joyeux… ? Oui vraiment, la liturgie est le lieu privilégié où nous entendons une Parole que nous ne choisissons pas à travers laquelle Dieu nous parle…. C’est là, assurément, un sacré chemin de conversion !